150 photographies
6 couvertures
320 pages couleurs
Sous la direction de Pépita Car
Epilogue de Rip Hopkins
Direction d’ouvrage – Patrick Le Bescont
Design graphique – Jean-Charles Bassenne
Responsable éditorial – Pépita Car
Corrections couleurs – Christophe Caudroy
Production – Ambassade de France
Suivi de fabrication – Patrick Le Bescont
Impression et reliure – Drukkerij Die Keure, Bruges
Relecture textes – Agnès Tartevet
© Filigranes Editions 2017
© Aireo Sprl. et Rip Hopkins pour toutes les photographies
© Rip Hopkins pour le texte
Dépôt légal – avril 2017
ISBN : 978-2-35046-381-0
Imprimé en Belgique
Filigranes Editions
Lec’h Geffroy
F-22140 Trézélan
www.filigranes.com

Canada Canada
Un portrait du Canada et des Canadiens

Avant d’aller au Canada, j’avais le sentiment de connaître intimement ce coin du monde à travers le cinéma nord américain. Lorsque j’ai débarqué au Canada tout ce que j’ai vu m’a rappelé le cinéma : vêtements, architecture, voitures, discussions. Le Canada est un pays photogénique.

J’ai donc construit mes photographies comme des extraits de film, dans le style de ceux de Martin Scorcese, des frères Cohen ou de Brian de Palma. Chaque image a son propre scénario et chacun joue son propre rôle dans sa propre réalité. Chaque prise de vue est un arrêt sur image qui nous encourage à imaginer ce qui s’est passé avant et après.

Dans cette série, je suis comédien. Je deviens canadien le temps d’une prise de vue. Tel un caméléon je me suis adapté à chaque environnement, à chaque personne, à chaque contexte. C’est très facile de devenir canadien car tout est fait pour assimiler les immigrés. Au contraire de l’Europe, tout semble ici nouveau, sans référence à un passé. Tout est possible.

Pépita Car, chargée de mission culturelle à l’Ambassade de France au Canada, a porté ce projet avec son enthousiasme contagieux. Elle n’hésite pas à frapper à la porte d’un inconnu pour lui demander de participer au projet, de nous consacrer une heure dans un froid glacial pour la prise de vue devant sa maison, de nous prêter ses vêtements et ses chaussures et de sortir tout son matériel de ramassage de feuilles. A mon grand étonnement les canadiens – généreux, patients et curieux – répondent : « sure why not ! ».

Mon but est de faire une série documentaire et non une fiction. Je cherche à m’approcher au plus près de la réalité du quotidien comme dans les portraits documentaires réalisés par Walker Evans (Let Us Now Praise Famous Men, 1941) ou Robert Frank (Les Américains, 1958).

Pour véhiculer une réalité, il faut consacrer beaucoup de temps aux personnes que l’on photographie. Le temps d’installer la confiance. Un temps dont on manque aujourd’hui. Au moment de la prise de vue, je dois entrer dans une intimité rapidement. Pour cela, je me déshabille et mes modèles m’habillent avec leurs propres vêtements ou avec ceux de notre stock récupérés dans une laverie du centre ville d’Ottawa.

Ensuite je pose avec eux dans l’image. J’aime me mettre au même niveau que les gens que je photographie. Au lieu d’être derrière la caméra, je me trouve parmi eux. Du coup, ils font abstraction de l’appareil. C’est une façon de capter une vérité de la situation sans qu’elle soit déformée par une présence hors champs. Je choisis le cadre et le moment avec un déclencheur à distance. Les personnes photographiées choisissent leurs expressions et leurs gestuelle.

Un processus comme un jeu.

© Rip Hopkins 2017. Cette série de 150 photographies est la participation de la France et du Royaume Uni pour les 150 ans du Canada.